Il obéit… mais je ne me sens pas dominante

29 décembre 2025

Par Maitresse Dalia

Question :

Chère Maîtresse Dalia,

Je suis avec un homme qui, depuis plusieurs mois, m’invite à prendre le contrôle. J’ai accepté progressivement. Il est docile, il fait tout ce que je lui demande : les repas, le ménage, les courses, parfois même il me demande la permission de sortir ou de s’occuper de lui. Je devrais être comblée. Mais… je ne ressens rien de particulier. J’ai l’impression de jouer un rôle qui n’est pas le mien. Je suis agacée parfois, fatiguée souvent, et j’ai peur d’être une mauvaise dominatrice. Est-ce que ça vient de moi ? Est-ce que je ne suis pas faite pour cela ?

— L., 41 ans

Réponse :

L., votre message est profondément honnête, et c’est déjà un signe de votre lucidité. Vous ne manquez ni d’intelligence, ni de sensibilité. Ce que vous vivez est une phase d’émergence — et, comme toutes les naissances, elle est confuse, parfois inconfortable.

Ce que vous décrivez est très fréquent. On croit que prendre le pouvoir, c’est simplement ordonner et recevoir. Mais c’est en réalité bien plus subtil : c’est incarner une posture intérieure, un axe, un regard sur soi et sur l’autre qui s’installe lentement.

Il ne suffit pas que votre compagnon obéisse pour que vous vous sentiez dominante. Car l’autorité ne naît pas de l’obéissance de l’autre… mais de votre propre désir de diriger.
Et ce désir, dans une culture où on a souvent appris aux femmes à plaire plutôt qu’à imposer, ne s’éveille pas toujours naturellement.

Alors non, L., vous n’êtes pas une “mauvaise dominatrice”. Vous êtes simplement une femme en train de chercher sa voix — et surtout son plaisir dans cette posture.

Car c’est là, peut-être, le point le plus négligé :
On vous a demandé de prendre le pouvoir… mais qui vous a demandé ce que vous, vous, y gagnez vraiment ?

Posez-vous la question. Avec sincérité.
Est-ce que cela vous excite ? Vous épanouit ? Vous amuse ? Vous rassure ? Vous inspire ? Si la réponse est floue, c’est normal. Mais c’est là qu’il faut creuser.

Tant que vous êtes uniquement en train de répondre à son désir à lui, même sous forme de soumission, vous ne pourrez pas sentir la votre souveraineté.
Un FLR sain commence quand la femme crée ses propres règles, pour son propre plaisir. Pas pour valider les fantasmes de Monsieur.

Voici ce que je vous invite à faire :

Reprenez la main sur le tempo.
Ne donnez plus d’ordres pendant quelques jours. Observez ce que cela fait à votre compagnon. Et observez ce que cela réveille en vous : un soulagement ? Un manque ? Une liberté ? Une lassitude ?

Trouvez votre langage.
Peut-être que vous n’aimez pas “donner des ordres”, mais que vous aimez qu’on vous obéisse sans bruit. Peut-être que vous préférez instaurer des règles fixes, silencieuses, élégantes, plutôt que des commandements directs. Il n’y a pas une seule manière d’être dominante. Il y a la vôtre à inventer.

Recentrez le FLR sur vous.
Dressez une liste : qu’est-ce que vous n’aimez plus faire dans votre vie quotidienne ? Ce que vous aimeriez déléguer ? Ce que vous aimeriez vivre en priorité ? Le FLR commence parfois par une simple libération logistique, qui devient ensuite une posture affective.

Et surtout, L., rappelez-vous ceci : on ne devient pas Maîtresse pour répondre à un besoin… mais pour exprimer une nature.

Cette nature peut être douce, raffinée, silencieuse. Ce n’est pas la hauteur de vos talons ou la fermeté de vos mots qui fait de vous une dominatrice. C’est la clarté de votre volonté. C’est l’absence de doute quand vous décidez. C’est ce calme intérieur qui s’impose… sans avoir besoin de hausser la voix.

Prenez le temps. N’imitez personne. Laissez venir cette Reine en vous.

Et quand elle se lèvera — ce ne sera pas pour lui faire plaisir.
Ce sera parce qu’elle aime être servie.

— Maîtresse Dalia