Je ne cherche plus à corriger

25 janvier 2026

Par Maitresse Dalia

J’ai longtemps observé ce réflexe chez les autres. Et parfois, chez moi, au début.
L’envie de redresser. D’expliquer. D’ajuster.
Comme si tout pouvait être amélioré.
Comme si chaque faiblesse appelait une intervention.

Aujourd’hui, ce n’est plus mon rôle.

Je ne corrige plus l’homme qui ne comprend pas.
S’il ne comprend pas, c’est qu’il n’est pas à sa place.
Je ne traduis pas ce que je suis.
Je n’édulcore pas ce que j’exige.

Je ne corrige plus l’attitude maladroite d’un soumis qui n’assume pas encore.
Je regarde.
S’il évolue, très bien.
S’il résiste, je note.
S’il stagne, je tranche intérieurement.

Corriger, c’est s’impliquer là où l’autre devrait faire l’effort.
Corriger, c’est prendre en charge ce qui ne m’appartient pas.

Je ne corrige plus les projections.
Ceux qui veulent voir en moi ce qui les rassure.
Ceux qui cherchent une version adoucie, négociable, accessible.
Je les laisse à leurs illusions.
Elles tombent toujours seules.

Je ne corrige plus les fantasmes mal placés.
Ceux qui confondent domination et jeu.
Pouvoir et décor.
Autorité et excitation ponctuelle.
Je ne rectifie pas.
Je ne rééduque pas.
Je constate.

Je ne corrige plus l’inconfort des autres face à ma position.
S’il dérange, il révèle.
S’il trouble, il agit.
S’il met mal à l’aise, c’est qu’il touche juste.

Je ne corrige plus parce que je n’ai plus besoin de convaincre.
Mon cadre est clair.
Ma posture est stable.
Ma parole est posée.

Ce qui doit s’ajuster, s’ajuste.
Ce qui doit tomber, tombe.

Je n’enseigne pas à être à ma hauteur.
Je regarde qui s’y élève naturellement.

Le reste n’est pas une erreur.
C’est une sélection.